Vhernier et Pae White, l’écho de la mer

© VHERNIER
Pour le joaillier italien Vhernier, la bague cesse d’être un simple ornement afin de s’approcher du territoire de la sculpture. Ces nouvelles créations imaginée avec l’artiste américaine Pae White explore ce déplacement silencieux entre objet d’art et pièce portée.
L’origine du projet remonte à Milan, dans l’espace historique de la Maison. Un détail architectural, une poignée façonnée en crabe, agit comme point de départ inattendu. Pour l’artiste, déjà engagée dans une réflexion autour des fragments marins échoués sur les rivages, cette rencontre déclenche une recherche formelle centrée sur l’anatomie animale.


Plutôt que d’en reproduire l’image, Pae White en extrait une logique structurelle. Les lignes angulaires évoquent l’armature d’un exosquelette sans jamais tomber dans la figuration. Le motif marin devient langage abstrait, transformé par le dialogue avec les artisans italiens.
La collaboration s’inscrit alors dans un échange technique. L’artiste découvre la méthode Trasparenze, signature de la Maison, où le cristal de roche agit comme une surface optique. La lumière traverse les matières, déforme la perception et introduit une instabilité visuelle proche des phénomènes observés sous l’eau.


Les couleurs puisent dans l’imaginaire du littoral : irisations rappelant les coquilles marines, nuances mouvantes suggérant les interactions naturelles entre espèces. Chaque bague fonctionne comme un micro-paysage, condensant tensions organiques et précision joaillière.
Produites en série limitée, les pièces déclinent une même architecture en variations chromatiques. Diamants et saphirs se fondent dans l’or grâce à un sertissage invisible qui efface la frontière entre structure et surface.


Ici, la joaillerie ne traduit pas la nature : elle en propose une lecture. Entre mer et sculpture, la collection dessine un espace intermédiaire où la matière devient perception.











