L’Influence Cachée d’Elsa Schiaparelli, sur l’Univers de la Joaillerie
Si Elsa Schiaparelli a laissé une empreinte indéniable et durable sur la mode et notre manière de nous habiller, la créatrice surréaliste a également marqué l’univers de la joaillerie, en soutenant des créateurs emblématiques et en inspirant des pièces devenues aujourd’hui incontournables

Elsa Schiaparelli (Photo de George Hoyningen-Huene/Condé Nast via Getty Images)
Elsa Schiaparelli, légendaire créatrice de mode, restera à jamais dans les mémoires de l’industrie de la mode comme une pionnière créative, ayant ouvert une voie surréaliste dans le style et dans notre manière d’exprimer notre personnalité. Son influence, cependant, dépassait largement les frontières de la mode : elle a également laissé une empreinte indélébile dans le domaine de la joaillerie, en faisant notamment connaître de jeunes talents comme Suzanne Belperron et Jean Schlumberger, créateur pour Tiffany, et en inspirant des créations aussi emblématiques que le collier Zip de Van Cleef & Arpels.
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- Est la rédactrice web d’Only Natural Diamonds, équipe qu’elle a rejointe en 2023. Elle couvre l’actualité des célébrités en matière de diamants et de bagues de fiançailles, les portraits de créateurs, les nouvelles collections ainsi que l’actualité de l’industrie du diamant.
- Depuis son plus jeune âge, Hannah est passionnée par la mode, mais elle a découvert que rien ne rehausse mieux un style qu’un diamant naturel. Avant de rejoindre OND, elle a cumulé plus de cinq ans d’expérience en tant que styliste spécialisée dans le secteur du mariage, avant d’obtenir son diplôme du Fashion Institute of Technology à New York.
- En tant que journaliste mode, son travail a été publié dans des médias tels qu’Editorialist, CR Fashion Book de Carine Roitfeld, L’Officiel USA, Grazia USA, Coveteur, et bien d’autres.
Cette année, le Victoria and Albert Museum (V&A) de Londres accueille la première exposition britannique consacrée à la couturière française d’origine italienne, intitulée « Schiaparelli: Fashion Becomes Art ». L’exposition retrace son parcours des années 1920 à aujourd’hui et célèbre son influence novatrice. Elle revient sur les origines révolutionnaires de sa maison de couture éponyme ainsi que sur son évolution sous la direction artistique actuelle de Daniel Roseberry, qui rend régulièrement hommage aux codes stylistiques imaginés par Schiaparelli.
Elsa Schiaparelli et Salvador Dalí : le Partenariat le plus Emblématique du Surréalisme


En juillet dernier, le directeur artistique de Schiaparelli, Daniel Roseberry, a dévoilé sa collection Haute Couture Automne/Hiver 2025-2026, intitulée « Back to the Future », lors de la Fashion Week de Paris.
Parmi une succession de silhouettes noires et blanches apparaissait le Look 24. Cette robe rouge en satin, jouant sur l’illusion d’optique (trompe-l’œil), présentait un corset à l’avant et un dos moulé représentant des seins. La tenue était complétée par un collier en forme de cœur humain rouge en strass, animé de pulsations mécaniques. Le bijou constituait un hommage évident à l’œuvre de Salvador Dalí, proche collaborateur de Schiaparelli : The Royal Heart, réalisée en 1953.

Figure majeure du surréalisme, fondatrice de la Maison et source d’inspiration éternelle, Elsa Schiaparelli était une amie proche et une collaboratrice de Dalí. Ensemble, ils ont notamment créé la célèbre robe à imprimé Homard, rendue célèbre par la mondaine américaine Wallis Simpson, duchesse de Windsor, qui épousa le roi britannique Édouard VIII.
« La valeur de ses œuvres réside dans ses idées », explique Carol Woolton, auteure et animatrice du podcast If Jewels Could Talk. « Il était une figure importante de la scène avant-gardiste de son époque, influençant des créateurs comme Elsa Schiaparelli, et je dirais qu’il continue encore aujourd’hui à exercer cette influence. »
Présentée au Dalí Theatre and Museum de Figueres, en Espagne, l’œuvre représente un cœur en or jaune 18 carats à la surface texturée, surmonté d’une couronne royale sertie de diamants naturels, de perles, de saphirs, d’émeraudes, d’aigues-marines et d’améthystes. En son centre, un compartiment sculpté abrite un cœur rouge rubis qui semble battre grâce à un mécanisme mobile et réducteur.
Elsa Schiaparelli découvre le Créateur de Tiffany & Co., Jean Schlumberger


L’un des artistes les plus célèbres et talentueux du XXᵉ siècle, le créateur de bijoux de Tiffany & Co., Jean Schlumberger, commença sa carrière auprès du couturier français Lucien Lelong, avant de rejoindre une maison d’édition artistique parisienne. Il ouvrit ensuite son propre atelier rue de la Boétie, devenant rapidement un créateur de bijoux très recherché par l’élite parisienne. Il conçut notamment une paire de boucles d’oreilles pour la duchesse de Kent, ainsi que des bijoux pour l’icône de style Mona Bismarck, ce qui attira l’attention d’Elsa Schiaparelli. C’est à partir de cette période que la carrière de Schlumberger prit véritablement son essor.
En 1937, Schiaparelli fit appel à Schlumberger pour diriger la conception des boutons surréalistes et des bijoux fantaisie de ses collections. Il parcourait les marchés aux puces parisiens à la recherche de motifs floraux en porcelaine de Meissen.
Il créa les célèbres broches Harlequin pour la collection Modern Comedy en 1939. Il réalisa également le collier Pine Cone pour la collection Pagan, présenté comme une création « Schlumberger pour Schiaparelli ».
Alors que sa carrière parisienne commençait à décoller, Schlumberger fut appelé à servir dans les forces françaises pendant la Seconde Guerre mondiale. À son retour, il décida de s’installer à New York afin d’y ouvrir son propre salon de joaillerie. En 1956, Walter Hoving, président de Tiffany, découvrit ce créateur de bijoux français autodidacte et l’engagea, en lui proposant le poste de vice-président.
Comment Elsa Schiaparelli a inspiré le Collier Zip de Van Cleef & Arpels

Collier « Zip » ancien en or rose et diamants de Van Cleef & Arpels. (Avec l’aimable autorisation de Sotheby’s)
La création du collier Zip de Van Cleef & Arpels relève presque de la légende de la haute couture. Wallis Simpson, duchesse de Windsor, remarqua une fermeture éclair apparente sur une robe créée par Schiaparelli, l’une de ses couturières préférées. En 1938, elle demanda à son amie Renée Puissant, alors directrice artistique de Van Cleef & Arpels, comment cette simple fermeture éclair était devenue un élément central des récentes collections de haute couture de Schiaparelli.
Elle estima que cet élément pouvait être transformé en une extraordinaire pièce de joaillerie. La Maison finit par réaliser ce souhait et créa un bijou qui dépassait largement l’imagination de la duchesse.
Elsa Schiaparelli a contribué à faire de Suzanne Belperron une Légende de la Joaillerie



Malgré son statut de l’une des créatrices les plus innovantes du XXᵉ siècle et ses clientes prestigieuses, parmi lesquelles figuraient le duc et la duchesse de Windsor, Elsa Schiaparelli et Karl Lagerfeld, le nom de Suzanne Belperron demeure relativement méconnu en dehors du cercle des collectionneurs de bijoux.
Après avoir vu sa carrière prendre son essor au début des années 1930, Belperron créa la manchette Torsade, considérée comme emblématique de son approche sculpturale, fluide et novatrice de la joaillerie. Certaines de ses premières manchettes Torsade en diamants furent notamment commandées par la visionnaire de la mode Elsa Schiaparelli et l’icône de style Millicent Rogers. Cette pièce est depuis devenue indissociable de l’esthétique audacieuse et moderne de Belperron.
En 1933, Belperron créa le très apprécié collier Torque Toggle. La même année, Vogue Paris déclara : « Réjouissons-nous, l’année 1933 marque le renouveau de l’art de la joaillerie»
Le reportage publié dans le magazine présentait des photographies de la créatrice de mode avant-gardiste Schiaparelli, portant son propre ensemble de bijoux Belperron en diamants naturels et laque noire.











