Style & Innovation

L’excellence à la Francaise avec l’Institut National des metiers d’art

Rencontre avec Anne-Sophie Duroyon-Chavanne, directrice de l’INMA

Ce printemps 2021, l’Institut National des Métiers d’Art crée l’événement en live, du 6 au 11 avril, en célébrant le talent, les talents des métiers d’art et les Entreprises du Patrimoine Vivant (EPV). L’heure est à l’optimisme avec ces « Journées Européennes des Métiers d’Art (Jema) qui soulignent une nouvelle fois le dynamisme et l’engouement florissant pour ces disciplines rares.

Anne-Sophie Duroyon-Chavanne, directrice de l’INMA

Que proposent Les Journées Européennes des Métiers d’Art ?
C’est la célébration du geste et du patrimoine culturel des métiers d’art qui s’ouvre au grand public. Ce dernier découvrira des lieux insolites, des métiers rares, des événements en live, des visites d’ateliers, complétées par la plateforme sur Internet.
Comme l’activité principale du maître d’art est de dompter magnifiquement le matériau pour créer, le fil conducteur global de cette édition 2021 est : « Matières à l’œuvre ».

Quel est le rôle de l’INMA ?
Association reconnue d’utilité publique fondée en 1889, à l’époque, son premier objectif est de préserver le lien entre les artisans et les grandes manufactures liées aux métiers d’art (pendant la révolution industrielle du 19ème siècle).
Aujourd’hui, son rôle est de valoriser l’ensemble des métiers d’art et le patrimoine vivant national, en participant au rayonnement de l’excellence à la française et en développant deux dispositifs.
Pour l’avenir, c’est aussi encourager les vocations pour ces métiers d’exception qui recrutent et surtout qui respectent un écosystème de création (RSE, travail en communauté, en proximité, en transmission…).

Quels sont ces deux dispositifs ?
Premièrement, nous agissons pour la transmission du geste et des savoir-faire avec le dispositif de « maîtres d’art » et apprenti pour tous les métiers, en assurant de belles rencontres professionnelles.
Le second dispositif est de décerner le label « Entreprise du Patrimoine Vivant » (EPV) aux acteurs qui conservent dans leur processus de création et de production, toutes les règles d’art.

Quels sont les différents métiers représentés par l’INMA ?
Ce qui nous intéresse ici, le diamant et la joaillerie, ce sont deux domaines qui en font partie.
Les métiers d’art sont nombreux et trop méconnus du grand public : ils regroupent 281 disciplines. Ils s’appliquent autant sur la personne que dans son environnement. Il existe 16 domaines d’activités : Mode & accessoire, ameublement/architecture/décoration, verre & cristal, métal, horlogerie/bijouterie /joaillerie, papier, restauration d’œuvres, céramique, monde du spectacle, facture instrumentale.
Les entreprises labellisées EPV représentent, elles, 125 000 emplois !

Pourquoi valoriser les métiers d’art ?
Par exemple en joaillerie, c’est de s’apercevoir qu’un lapidaire ou un diamantaire dont la matière est la pierre, sublimera, de par ses gestes, votre future bague de fiançailles ! Il faut 10 ans en général pour devenir ce que l’on nomme « une bonne main » en sertissage ou en taille de diamant par exemple.

Sarah Clavelly pour Rubel & Ménasché

Vous parlez de diamant, en quoi la rareté des diamantaires ?
C’est historique. Le diamant ne concerne pas que le négoce, ni le carat (poids de la pierre). C’est très difficile d’apprendre à embellir une gemme par la taille ou la retaille. En France, le métier de tailleur de diamant est rarissime. Même les CAP de diamantaires ne trouvent pas de candidats, tant l’exigence est grande ; cette matière précieuse nécessite l’une des plus haute patience.

Que vous évoque cette matière justement, le diamant naturel ?
Comme pour tous nos métiers le diamant naturel est une matière magique, ancienne, qui retrace l’histoire de l’humanité. Et surtout ce qui est féérique quand vous l’offrez, c’est pour un moment particulier de l’existence : union, mariage, anniversaire, transformation d’un bijou de votre maman… En bref, le diamant véhicule allégoriquement l’émotion forte.

La joaillerie se pose de nombreuses questions RSE (responsabilité sociétale des entreprises) ? Qu’en est-il du diamant ?
Je pense que c’est à nous, INMA, et à d’autres acteurs institutionnels de prouver que cette matière a fait énormément d’effort pour aller vers le RSE. Comme tous nos métiers d’art qui sont axés vers l’avenir et vers la transparence, car le consommateur veut acheter « responsable, juste et beau ».

Sarah Clavelly pour Rubel & Ménasché

Pourquoi l’engouement des métiers d’art aujourd’hui ?

Le consommateur souhaite de plus en plus d’information sur les méthodes de fabrication des objets (localisation, gestes, Hommes). On avait assisté à l’extinction des métiers d’art il y a 40 ans. Mais ces métiers ont résisté en conservant une flamme d’innovation. La France est le seul pays au monde à avoir structuré ces métiers et ces disciplines. Par exemple, en joaillerie, vous avez un nombre incroyable de petits ateliers qui exercent l’excellence à travers leur production, de génération en génération.

Pour la semaine des métiers d’art en France du 6 au 11 avril 2021 : plus d’infos visite d’ateliers sur www.journeesdesmetiersdart.fr/ (recherche par matière)

Sarah Clavelly pour Rubel & Ménasché