L’univers du Diamant

Les Rebelles Marietjie Reynecke

« L’impact que vous pouvez avoir sur le monde est immense. »

Les Rebelles  Marietjie Reynecke

Marietjie Reynecke était extrêmement timide enfant, jusqu’à ce qu’à l’âge de dix ans, elle découvre le karaté. « Je pense que c’est là que j’ai appris à me maîtriser et à avoir confiance en moi. En compétition, je gagnais contre des garçons, et j’ai tout un tas de médailles qui le prouvent ! – un fait dont peut témoigner l’étagère de son salon, croulant sous les statuettes en or. 

À l’école, Marietjie estime qu’elle était plutôt bonne élève sans être la meilleure de sa classe. « Mes parents m’ont toujours soutenue dans mes choix et c’est ce que, je crois, a contribué à ma réussite. J’ai étudié la géographie et la géologie à l’Université de Pretoria simplement parce que j’aimais ces sujets et qu’ils m’intéressaient. Mes parents m’ont dit : « Le monde est à toi, fais ce que tu veux, tant que tu es heureuse. Nous serons là pour toi. » Et c’est exactement ce que j’ai fait. »

Bien qu’elle ait grandi non loin de la célèbre mine de diamants Cullinan à Pretoria – où fut  découvert le plus gros diamant brut au monde (plus de 3 100 carats !) – Marietjie ne s’est retrouvée à travailler dans l’industrie du diamant que par accident. « Je n’avais jamais entendu parler de la mine en elle-même, qui se trouvait pourtant littéralement au coin de la rue. Ma tante a repéré une petite annonce dans le journal local, qui proposait un poste de responsable de l’environnement. C’est comme ça que tout a commencé. ”

Le premier rôle de Marietjie a été de se rendre sur le terrain à Pretoria pour effectuer des analyses de trous de forage, des prélèvements d’eau et de poussière. « J’ai beaucoup aimé aller prélever des échantillons sur les fermes. Mes employeurs ont vite repéré mon potentiel et rapidement, je me suis vue confier plus de responsabilités ».

Au bout de quatre ans au sein du groupe De Beers, Marijetjie a donc été promue au rang de cadre. En 2008, après son rachat de la mine Cullinan, Petra Diamonds a souhaité s’engager dans une approche plus environnementale de son exploitation. Marietjie s’est retrouvée désignée d’office pour la chapeauter. « Je suis heureuse de pouvoir dire que mon ascension à poste managérial s’est faite en ligne droite et ce, dès mon premier jour dans l’entreprise », estime-t-elle.

En 2008, quand Petra Diamonds a racheté la mine, quand l’exploitant a souhaité s’engager dans une approche plus environnementale de son exploitation, Marietjie a appris qu’elle avait été désignée d’office pour la chapeauter. « Je suis heureuse de pouvoir dire que mon ascension à poste de manager s’est faite en ligne droite et ce, dès mon premier jour dans l’entreprise », estime-t-elle.

« Bien que je sois une femme dans une industrie historiquement très masculine, j’y ai toujours trouvé soutien et encouragement ».

« Il m’est arrivé de rencontrer des hommes faisant partie de cette vieille garde qui a plus l’habitude de voir les femmes à la maison qu’au travail. Mais j’ai trouvé les moyens de me lier d’amitié avec eux et de leur montrer que nous pouvons en faire autant qu’eux. »

En tant que responsable de l’environnement chez Petra Diamond, Marietje a lancé un programme visant à l’amélioration du recyclage de l’eau et de la gestion des déchets, qui comprend l’élimination progressive du plastique. « Je suis fière de notre équipe, qui a réussi à réduire nos déchets combinés de 38 % en moins de deux ans. Nous avons également recyclé entre 95 et 98 % de l’eau utilisée dans notre mine-vieille de 115 ans- en identifiant minutieusement les sources externes que nous pouvions fermer. Nous limitons énormément notre utilisation des ressources naturelles afin de préserver nos communautés et notre écologie ».

Par ailleurs, le travail de Marietje consiste, pour une grande part, à protéger la faune et la flore indigènes. Combinées, ces actions aident Petra Diamonds à atteindre les objectifs mondiaux fixés par les Nations unies. « J’ai vraiment apprécié l’action que nous avons menée pour aider à tracer et à protéger le Secrétaire d’Afrique du Sud, oiseau endémique de notre pays. Nous avons financé des recherches, équipé les oisillons d’émetteurs et nous avons observé leur comportement pour mieux prévenir leur mortalité ».

Marietjie a également pris part au projet « Femmes de l’industrie minière » de Petra Diamond conçu pour aider d’autres femmes à poursuivre une carrière enrichissante dans le monde du diamant. « Par ce biais, nous essayons d’en intégrer un maximum dans notre entreprise. Nous avons récemment fait appel à une ingénieure en environnement, diplômée depuis l’an dernier et spécialisée en gestion de l’eau. Elle travaille sur nos initiatives en matière de déchets et de recyclage. Faire partie d’un tel projet est vraiment gratifiant ».

Rétrospectivement, Marietjie, grand-mère depuis peu, dit qu’elle a sans aucun doute trouvé le poste de ses rêves. « Nous n’avons pas de planète B. Ce n’est qu’en travaillant ensemble à un objectif commun – ZERO HARM – que nous pourrons la protéger et que tous les êtres vivants, y compris les humains, en récolteront les fruits ».

Son conseil aux filles qui veulent suivre sa trace et aider à préserver notre planète pour les générations futures ? « Allez-y ! » La gestion de l’environnement est un champ d’action extrêmement gratifiant. Travaillez bien à l’école, choisissez des matières comme les sciences, les mathématiques et la géographie. Sachez que l’impact que vous pouvez avoir sur le monde est immense. »