L’univers du Diamant

Comment les Diamants aident à Protéger les Rennes de Sibérie

Le 4 décembre marque la journée mondiale de la préservation de la vie sauvage. À l’approche de Noël, nous sommes nombreux à décorer nos maisons avec des ornements en forme de rennes, nous voulons donc mettre en lumière le travail accompli en Yakoutie pour que ces animaux extraordinaires ne tombent pas dans l’oubli.

À l’entrée de Mirny, une ville minière isolée dans le nord-est de la Sibérie, une statue commémore la création de la ville. Elle montre deux géologues guidés par un éleveur de rennes local, une expédition qui mènera à la découverte de réserves de diamants, transformant la région et faisant de la Russie le plus grand producteur de diamants naturels au monde aujourd’hui.

Plusieurs décennies après cette expédition qui a eu lieu dans les années 1940, la relation entre les producteurs de diamants, les rennes et les éleveurs autochtones a quelque peu été transformée pour le bien de la région. La société ALROSA, à l’origine des opérations minières en Yakoutie, une région vaste mais très peu peuplée, partiellement englobée dans le cercle polaire, travaille en étroite collaboration avec les autorités et les communautés locales pour assurer la protection de ces magnifiques créatures. Le 4 décembre marque la Journée mondiale de la Préservation de la Vie Sauvage et comme nous sommes nombreux à raffoler des décorations de Noël en forme de rennes, nous avons jugé important de montrer le travail de protection des rennes en Yakoutie.

Il y a à peu près 146 000 rennes sauvages en Russie, le renne est sur la liste rouge des espèces en danger depuis 2015 car la population mondiale de rennes a diminué de 40% ces trente dernières années. Les menaces proviennent du changement climatique, où l’augmentation de la température a provoqué le dégel du pergélisol de la région et la libération de plus de gaz à effet de serre, et du braconnage.

L’activité minière, si elle n’est pas gérée correctement, constitue une autre menace, c’est pourquoi ALROSA prend cette question très au sérieux. Des points de passage sûrs ont été intégrés sur les sites miniers pour que les rennes effectuent leur migration estivale annuelle sans obstacle. La protection de la faune est un des piliers de la politique d’ALROSA. Alexander Fedorov, ingénieur en chef adjoint d’ALROSA pour la protection de l’environnement explique que : « Les procédures actuelles de l’exploitation minière obligent la mise à l’arrêt de la production lorsque des rennes sont repérés sur la zone afin de garantir leur traversée du territoire industriel. »  

Non seulement ALROSA adapte sa production pour protéger les rennes mais la société participe activement aux efforts de conservation du renne dans toute la région. Le Parc Naturel Living Diamonds de Yakoutie est une zone de protection de la vie sauvage de 32 000 hectares, créée en 2009 par le gouvernement local et la société minière afin de préserver les écosystèmes naturels, notamment les rennes. ALROSA finance le parc depuis sa création. Ici, les rennes, les yaks, les bisons, les chevaux iakoutes, les élans, les ours, les paons, les chiens et les lynx vivent en toute liberté à l’état sauvage, sous la protection des employés du parc.

Un des plus gros défis des défenseurs de l’environnement est le suivi des rennes. Sans suivi, le nombre de rennes et le taux de déclin de la population sont difficiles à surveiller. En 2016, ALROSA, avec l’un des instituts spécialisés de la branche sibérienne de l’Académie des Sciences de Russie, a été le premier à utiliser des colliers émetteurs pour suivre les mouvements des rennes sauvages. Les colliers sont posés sur les femelles qui sont en tête du troupeau pendant la migration et leur position est connue toutes les 20 minutes. Les rennes peuvent parcourir jusqu’à 600 kilomètres pendant leur migration, l’un des plus grands déplacements de toutes les espèces. En plaçant entre 5 et 10 colliers sur ces femelles chaque année, il est possible de suivre la trace d’environ 15 000 rennes. Les colliers sont bien sûr sans danger pour l’animal et tombent dès que la batterie est épuisée.

Ce suivi des rennes de cette manière permet d’alerter les autorités lorsqu’ils atteignent des zones dangereuses comme les autoroutes et les mines. Ce suivi a également mis en évidence la nécessité de créer une autre zone naturelle spécialement protégée où les rennes sauvages mettent bas et élèvent leurs petits. La réserve naturelle ALROSA-Rangifer Chekanovsky s’étendra sur plus de 64 000 hectares et contribuera à assurer la reproduction de 84 000 rennes sauvages, ce qui augmentera le nombre de femelles dans le troupeau et garantira la survie de l’espèce durablement. La date de fin du projet n’a pas encore été annoncée mais le projet est en passe d’être approuvé par le gouvernement iakoute. Le parc aidera aussi d’autres espèces en danger qui vivent dans la région, comme le bœuf musqué, le faucon pèlerin et de nombreux végétaux.

Ces mesures sont essentielles pour préserver la biodiversité et soutenir les autres espèces végétales et animales de la région. « Sans rennes, l’écosystème ne peut plus fonctionner correctement et l’environnement risque d’être dégradé, » dit Polina Anisimova, écologiste en chef d’ALROSA. « Les rennes sauvages sont un des composants principaux de l’interaction entre la faune et la flore du Grand Nord, ils sont essentiels à l’écosystème. » 

« Les rennes sont très importants pour nous. Les russes ont des chevaux, nous, les habitants d’Olenyok, nous avons les rennes. »

Un autre élément important de cet écosystème est le renne domestique, dont dépendent de nombreuses populations locales depuis des siècles. Les rennes domestiques assurent le transport, l’alimentation, l’habillement et les outils de plusieurs groupes de populations autochtones, le renne fait partie intégrante de leur mode de vie. « « Les rennes sont très importants pour nous. Les russes ont des chevaux, nous, les habitants d’Olenyok, nous avons les rennes, » dit Marina Nikolaeva, éleveuse de rennes et chef du département d’agriculture du district national d’Olenyok Evenki, une localité rurale de Yakoutie.

Les efforts de préservation des rennes sont essentiels, non seulement pour la faune sauvage, mais aussi pour la culture des autochtones : les Evenks, les Nénètses et les Iakoutes. Marina a grandi dans une famille d’éleveurs de rennes. L’un de ses premiers souvenirs d’enfance est d’avoir bu du lait de renne provenant d’un petit troupeau appartenant à son grand-père. « Toute notre culture, tout notre mode de vie sont liés au renne. Cela fait partie de notre histoire, de nos traditions. Il en est ainsi depuis des années. Les rennes sont nos amis avant toute chose, » dit Marina.

En tant que responsable du département de l’agriculture, son objectif est de préserver cette tradition et de faire en sorte que les jeunes puissent trouver un emploi dans l’élevage de rennes, un choix de carrière qui reste populaire malgré l’urbanisation. Elle considère ALROSA comme le principal partenaire des autorités locales pour parvenir à cet objectif. Elle applaudit leur engagement dans le financement de projets et dans le parrainage de la Journée de l’Elevage de Rennes, un festival annuel célébrant la culture autochtone.

Les colliers émetteurs ont également aidé les éleveurs. La rencontre des rennes sauvages et des rennes domestiques peut causer de sérieux problèmes aux éleveurs. Grâce aux colliers émetteurs, les éleveurs sont donc alertés si l’espèce sauvage se trouve à proximité. L’arrivée d’un troupeau de rennes sauvages peut mettre à mal les ressources alimentaires des rennes domestiqués. Il est aussi arrivé que certains rennes domestiques s’égarent avec des troupeaux sauvages, privant ainsi les éleveurs de leur gagne-pain. La propagation de maladies entre les troupeaux sauvages et domestiques constitue aussi un risque. 

« Nous vivons dans la nature et nous cherchons toujours à être en complète harmonie avec cette dernière. Il est important de trouver le bon équilibre entre les espèces sauvages et celles domestiquées. »

« Nous sommes des peoples nomades ; nous migrons avec les rennes. Nous vivons dans la nature et nous cherchons toujours à être en complète harmonie avec cette dernière. Il est important de trouver le bon équilibre entre les espèces sauvages et celles domestiquées, » ajoute Marina.

Le soutien d’ALROSA est essentiel pour trouver cet équilibre et cette harmonie. Les éleveurs ont reçu un soutien qui les aidera pour les années et les générations à venir. Et un jour, peut-être, grâce à l’aide d’ALROSA, les rennes sauvages ne seront plus en danger de disparition. Cette harmonie est représentée de manière très poétique sur les armoiries d’Olenyok : on peut y voir un renne avec un diamant entre ses bois. Il y a encore 70 ans, ces deux éléments naturels n’étaient pas liés, la plupart des diamants se trouvant profondément sous les pattes des rennes. Aujourd’hui, les diamants pourraient être la clé de leur survie.