Diamants d’Exceptions

Mellerio : le joaillier de toutes les femmes

Mêmes les nouvelles reines de la jet set de Los Angeles ne parlent que d’eux. Au cas où vous auriez vu le deuxième épisode de la série de télé-réalité Bling Empire (Netflix) voici la réponse qui départagera Christine Chiu et Anna Shay, les croqueuses de diamants millionnaires qui se querellaient autour de la question… « Quelle est la plus ancienne maison de haute joaillerie parisienne toujours en activité ? » La réponse est donc… Mellerio dits Meller. Car le pays de la Haute Joaillerie peut s’enorgueillir d’avoir donné naissance à de nombreuses Maisons historiques, mais celle-ci se trouve abriter en son sein le plus ancien atelier de joaillerie de Paris. Et il y a plus de 200 ans, en 1815, les Mellerio ont été les premiers à s’établir rue de la Paix, à deux pas de la Place Vendôme, temple de la haute joaillerie et du luxe. Et la boutique est toujours là. Depuis plus de 400 ans, 1613, la maison Mellerio dits Meller est l’un des secrets les mieux gardés de la royauté, de l’aristocratie et de la haute bourgeoisie françaises et européennes. Une relation privilégiée, de confiance, qui leur a valu le surnom de « joaillier des Reines » hérité de leur première cliente, Marie de Médicis. Car c’est la reine d’origine italienne, alors régente de France (avant le règne de son fils Louis XIII), qui accorda à ces compatriotes immigrés du Nord de l’Italie le droit de faire le commerce de  » petites marchandises mêlées de verrerie, bibelots et autres quincailleries  » dans tout le royaume.

Collection de haute joaillerie inspirée du lys, dont une pièce unique, le collier « Médicis ».

Une véritable maison

Rarement l’appellation « Maison », souvent galvaudée, n’aura été aussi appropriée que pour cette institution, car  » toutes les pièces créées pour les clients sont réalisées sur mesure dans l’atelier, au troisième étage « , souligne Laure-Isabelle Mellerio, présidente et directrice artistique de la société. Ouvrir les portes de la boutique à la discrète devanture, située 9 rue de la Paix (depuis 1835), équivaut à un voyage dans le temps. On passe devant de vieilles armoires en bois et des niches murales où scintillent les dernières collections, pour accéder à des salons « cosy » où se sont assis des clients prestigieux, membres de la famille royale (le Maharaja Jagatjit Singh de Kapurthala, les reines d’Espagne et des Pays-Bas…), banquiers (les Rothschild) ou futures mariées de la haute société, venus passer commande de pièces uniques, faites sur mesure, ou déposer leur bijou pour une réparation ou un ajustement. Qu’il s’agisse d’une bague de fiançailles solitaire de 0,30 carat ou d’un diadème en diamants comme le Monte Rosa de Mellerio (12,81 carats). Dans le petit monde de la joaillerie française, le silence est d’or, au même titre que la réputation d’élégance et de précision d’exécution de Mellerio. Leur discrétion a fait de cette famille « le bijoutier de famille », également gardienne de leurs secrets, jalousement consignés dans les centaines de carnets de commandes conservés au sous-sol, dans la salle d’archives de la maison. Ici, bien à l’abri de la poussière et du temps qui passe, sont aussi précieusement conservés des milliers de croquis et de gouachés, balayant tous les styles et les époques de la joaillerie. Probablement, la bibliothèque du genre la plus complète au monde.

Mellerio diamond tiara Monterosa
Diadème en diamants Monterosa, transformable en pendentif, en bracelet

Trésors

En descendant l’escalier central Art Déco paré de miroirs, élégant rappel de la dernière rénovation de la bâtisse, en 1935, on se retrouve au cœur de Mellerio. En exclusivité, les clients peuvent y visiter une galerie de pièces vintage, et y voir une antiquité familiale, la « Marmotte », le petit coffre portable que Jean-Baptiste Mellerio, issu de cette famille de colporteurs de la vallée de Vigezzo, en Lombardie, utilisait pour transporter et exposer ses marchandises, jusqu’à Versailles. C’est là, en 1780, juste devant les grilles du palais, que la reine Marie-Antoinette aurait, selon la légende, acheté un bracelet de 7 camées sertis de grenats, conçu par lui. Une pièce que l’on peut aussi admirer aujourd’hui, exposée avec d’autres chef-d’œuvres Mellerio, parmi les impressionnantes archives compilées par le joaillier : une centaine de bijoux patrimoniaux, essentiellement datés du 19ème siècle, rachetés ou remportés aux enchères. Les aficionados du diamant s’émerveilleront devant une broche en forme de plume de paon, commande spéciale de l’impératrice Eugénie Bonaparte en 1867, et son œil central détachable transformable en pendentif, ou le corsage de 2 659 pierres ayant appartenu à la princesse Mathilde Bonaparte, nièce de Napoléon 1er, une autre habituée de la maison.

Si les clients de Mellerio préféraient rester discrets, ils n’en transmettaient pas moins, par bouche à oreille, leur fidélité à la marque, génération après génération. Car au-delà de sa réputation de joaillier des plus grands (fournisseur officiel du roi d’Italie, de la Couronne des Pays-Bas et de la cour de Louis-Philippe, en France), brillant par la virtuosité de ses réalisations, la maison a réussi à maintenir, par-delà les aléas de l’Histoire et les successions de régimes, une relation de confiance avec les meilleurs fournisseurs. Pierres-littéralement- angulaires de leur réputation unique, les diamants naturels en faisaient partie.

Mellerio Corsage
Broche Corsage composée de diamants sertis sur argent sur or. 1864 . Collection Al Thani.

Les diamants de Mellerio

Dès 1716, lorsque la famille obtient le droit, par décret royal, « de travailler l’or et de sertir des pierres précieuses », elle voit passer entre ses mains des pierres précieuses exceptionnelles, les sourçant auprès des meilleurs courtiers. Le joailler a également vendu à ses clients les plus prestigieux des gemmes ayant appartenu à la couronne de France et plusieurs pierres provenant de Golconde, l’épicentre du diamant en Inde au 17e siècle. C’est par l’intermédiaire des Mellerio, que dans les années 1850, le prince russe Nikolay Yusupov a acquis les désormais mythiques Etoile Polaire (41,28 carat), Sultan du Maroc (35.27 carat), et Tête de Bélier (17.27 carat). De fait, le diamant naturel reste l ‘une des expressions les plus spectaculaires de nombre de leurs créations contemporaines. A tel point qu’en 2005, le joaillier a imaginé sa propre « cut », la Taille Mellerio. « 400 ans au service du diamant méritaient une taille spécifique », estime, son sans raison, Laure-Isabelle. Éminemment reconnaissable entre toutes : 57 facettes, un ovale inscrit dans une ellipse, sa forme asymétrique est inspirée de l’émeraude centrale, ovoïde, de la broche plume de paon de l’impératrice Eugénie. Exclusive, gracieuse, cette taille et désormais l’une des préférées des clients de la maison, surtout pour l’originalité qu’elle confère aux solitaires des bagues de fiançailles.

Mellerio Peacock feather diamond brooch
Chef-d’œuvre de broche en diamant à plumes de paon acheté par l’impératrice Eugénie Bonaparte en 1868. Argent sur or, diamants, rubis, saphirs et émeraudes. Transformable en pendentif.

Mellerio cut ring
Bague Mellerio Cut, diamant central Mellerio Cut (de 0,30 à 2 carats), diamants, or blanc.

Audacieux et inventif.

Réputé pour son style intemporel, Mellerio se démarque aussi depuis toujours, dans l’univers de la joaillerie, par l’ingéniosité de ses réalisations, maintes fois primées. Pionnière en matière de bijoux transformables, au milieu du XIXe siècle, la maison invente une tige flexible pour une broche en forme de feuillage, présentée à l’exposition universelle de 1855 – et grâce à laquelle elle gagnera le prix- et qu’elle brevètera par la suite. Une invention qui permettait aux pièces de la broche de bouger gracieusement, « comme des brins d’herbe soufflés par le vent ». On retrouve aujourd’hui la même souplesse et la même légèreté dans leur délicat collier de haute joaillerie Maglia, et dans la collection Indra, aux bagues modulaires et ludiques, dont le montage permet aux pierres précieuses d’osciller légèrement.

Mellerio tree leaves-shaped brooch
La broche en forme de feuilles d’arbre (1855). Broche en diamant à tige flexible, créée et brevetée en 1854. Exposée à l’Exposition internationale de Paris en 1855. Diamants, argent sur or.

Mellerio Indra ring
Bague Indra Diamants. 10 diamants taille brillant (0,90ct), Or gris.

Fidèle à la nature et à l’histoire

L’essence du style naturaliste de Mellerio s’ancre dans les merveilles de la nature et s’inspire aussi de l’architecture du pays d’origine de la famille. Architecte d’intérieur et diplômée de l’École du Louvre, Laure-Isabelle a apporté son expertise de l’histoire de l’art au design de Mellerio, depuis qu’elle est en devenue la directrice artistique en 2016.

Après avoir passé des mois à s’immerger dans les milliers de pages de dessins et de gouachés de ses archives, la directrice artistique, Laure-Isabelle Mellerio, s’est inspirée du cœur battant de la maison, pour mieux en insuffler l’esprit, dans des pièces aux lignes plus modernes. Une ré-actualisation constante-du style Mellerio, nous embarquant, avec ses créations, dans un périple vers l’Italie de la famille et ses destinations magiques…

Ses dernières collections de haute-joaillerie aux noms évocateurs d’Isola Madre, Isola dei Pescatori et Isola Bella (îles Borromées, sur le lac Majeur) sont autant d’invitations au voyage. Pour Isola Madre, parmi ces palais italiens de la Renaissance et leurs jardins luxuriants, leurs fleurs, leurs buissons et la douce lumière orangée du soleil couchant qui les irradie.

Mellerio Foglio ring
Bague Foglio, collection Isola Madre. tsavorites (0,36 carat), émail guilloché vert. Or rose.

Mellerio Lys brooch
Broches Lys. Diamants, 230 saphirs roses (6,92 cts), 8 saphirs navettes roses (4,90 cts), Or gris.

Un luxe accessible : joaillier et bijoutier

Depuis les années 50, les Mellerio entretiennent des liens étroits avec les plus grands couturiers français, de Christian Dior à Cristobal Balenciaga ou Marcel Rochas. Pour sa dernière collaboration exceptionnelle, le joaillier a invité Alexandre Vauthier, jeune prodige de la Haute-Couture plébiscité par Lady Gaga, Beyoncé et Rihanna, à dessiner une collection de haute-joaillerie. Une série de pièces intemporelles en diamants naturels dans lesquelles les A et les V du créateur se fondent dans des M, en or blanc serti de baguettes, de diamants noirs et taille marquise, d’onyx et d’émeraudes. Une gamme de luxe plus proche des attentes des milléniaux, marquée par un besoin d’authenticité, valeur que Mellerio a toujours incarné. Dans la même mesure que l’éco-responsabilité, bien avant l’heure : le joaillier retravaille les bijoux de famille et sertit les pierres sur de nouvelles montures depuis le 18e siècle. Certaines bagues de fiançailles sont ainsi recréées sur trois générations, transmises entre « une grand-mère, une fille, et une petite-fille », s’émerveille Laure-Isabelle. Spécialiste des pièces sur mesure, haut-joaillier de prestige, Mellerio n’en reste pas moins bijoutier de métier. La maison nous le rappelle, en ouvrant un nouveau chapitre de son histoire, le 2 avril : sa nouvelle collection Giardino, rend le luxe de Mellerio plus abordable, tout en restant fidèle à son style inimitable.

Mellerio Alexandre Vauthier bracelet
Bracelet de haute joaillerie créé par Alexandre Vauthier pour Mellerio. Émeraude (3,31 carats), 272 diamants taille brillant (4,85 carats), 12 diamants baguette (1,91 carat), 14 diamants marquise (1,57 carat), or blanc.

Mellerio Alexandre Vauthier
Boucles d’oreilles de haute joaillerie créées par Alexandre Vauthier pour Mellerio. Émeraude (4,45ct), 124 diamants blancs ronds (2,27carats), 12 diamants baguette (1,79 carat), 5 diamants navette (0,59 carat), onyx.

Inspirée de l’offre de haute joaillerie Isola Madre et des modèles de bague et de collier Giardino, très plébiscités, Giardino revisite le style Renaissance et végétal chers à la maison. Des parures en diamants, rubis et saphirs rappelant les collections précédentes, mais pensées pour être plus accessibles, en termes de prix d’appel. Un prélude à une nouvelle offre toute en diamants et or, prévue à l’automne. « Un design fort, aérien, plus jeune et facile à porter », promet la maison. Avec chacun de ces bijoux en diamants naturels, c’est donc un peu de la maestria et de l’histoire du plus ancien joaillier parisien que les générations actuelles et futures pourront chérir. Car si les diamants sont éternels, la maison que les Mellerio dits Meller ont construite l’est, de toute évidence, tout autant.